ARTICLE DAILY RECORD

29 Mai 1999

Auteur : ? - Traduction : HA


LA DOUCE CELLULE

Quand elle fit ses premiers pas dans la lugubre prison, avec ces rangs de cellules étriquées et de murs crasseux, elle a senti la porte claquer juste derrière elle. Mais, ce n'était pas une condamnation à l'emprisonnement pour Simone Lahbib, mais un rôle dans l'une des plus excitantes séries dramatiques dans laquelle elle n'ait jamais travaillé. Et en plus, la star écossaise avait réellement les clés en mains. Simone avait gagné le rôle dans la série d'ITV Bad Girls, l'histoire d'une prison de femmes sécurisée, complétée par des relations lesbiennes, des histoires d'avortement et de drogues.

Dans la série qui commence mardi, elle joue Helen Stewart, l'ambitieuse et idéaliste gouverneur de la prison de Larkhall. Si l'actrice née à Stirling se sent emprisonnée au début des six semaines de tournage, elle serait désespérée de s'en échapper d'ici la fin. La star de 29 ans (je dirais qu'elle en a 34 à l'époque - NDHA) rit alors qu'elle se souvient de son premier jour sur le tournage de la nouvelle série dramatique de Brian Park, l'ancien producteur de Coronation Street. Marcher sur les plateaux de tournage du studio Park's Shed Productions dans l'Est de Londres lui donna des frissons. Rencontrer la co-star Debra Stephenson , qui joue Michelle "Shell" Dockley, la fauteuse de troubles bisexuelle et l'ex-star de la série Coronation Street Joanne Froggart n'atténua pas son sentiment d'emprisonnement.
"C'était une incarcération qui dura six semaines", dit-elle. "J'ai réalisé que les officiers de prison doivent se sentir aussi emprisonnés que les détenus". Le plateau était loin de l'univers bon marché de celui utilisé pour les prisonniers du Bloc H. Dans la création de Park, les murs ne tremblent pas. "Ca aurait pu être réel, je me sentais si claustrophobe. Il n'y avait pas de lumière du jour et on était là de 7h du matin à 7h du soir".

Ca a du être éprouvant de travailler sur cette série mais pour Simone, ce fut une suite excitante de la série de Channel 4 The Young Person's Guide To Becoming A Rock Star. Elle a du laisser ses cheveux détachés pour jouer Fiona, une jeune chanteuse glamour dans la satyre de l'industrie musicale. Cette fois, sa sensualité est cachée sous son uniforme, au moins pour un moment.

La mission d'Helen est de révolutionner une prison corrompue, armée seulement de son grade 1 et de deux ans d'expérience dans les prisons de femmes. Intelligente directrice, elle se retrouve vite mélée au monde des détenues. "Elle doit se contrôler, mais elle peut être chaleureuse et elle prend soin des femmes. Depuis le début, Helen se sent très éloignée des autres fonctionnaires de l'administration pénitentiaire. Elle sort à peine de l'Université, ce qui rend la rend très impopulaire auprès d'eux ". Avec les détenus et les gardiens de prison aussi soupçonneux de ses motifs, elle réalise que la meilleure façon de gagner leur soutien est de mettre de son côté l'une des prisonnières, Nikki. En forgeant une alliance avec la détenue, Helen arrive à comprendre comment s'organise la vie des femmes derrière les barreaux. "Nikki est une femme d'influence et si Helen peut gagner sa confiance, c'est une façon d'approcher les autres femmes."

Comme le reste de la distribution, Simone a visité la prison de femmes de Winchester pour entendre les histoires des détenues et pour avoir un aperçu de l'esprit d'un Gouverneur, elle a parlé au patron de la tristement célèbre prison d'Holloway. Simone a appris que le lesbianisme constitue une part importante de la culture des femmes en prison, avec des femmes hétérosexuelles qui se tournent vers d'autres femmes pour trouver du réconfort dans ce qui peut être un environnement étouffant.
C'est quelque chose qu'a dit l'actrice et qu'elle comprend complètement. "Nous sommes tous des créatures qui avont besoin de contact et d'affection. Si tu es emprisonnée et que tu n'as que quelqu'un d'autre comme réconfort ... celà ne me surprend pas que cela arrive", dit-elle. Park affirme que Bad Girls reflète à peine l'étendue du lesbianisme et de la drogue dans un prison de femmes de catégorie A. La série sera peut être controversée mais elle aurait aussi pu être plus explicite, fait-il valoir. "Le spectacle ne tient pas compte de l'incidence des relations lesbiennes qui sont fréquentes, dit-il. Les drogues constituent également une grande partie de la vie en prison, mais vous ne pouvez pas montrer des histoires de relations lesbiennes, de drogue, et rien d'autre." Nous n'avons pas fait Bad Girls pour en faire une étude sociologique réaliste sinon cela aurait été une série monotone. "

Et monotone Bad Girls ne l'est certainement pas. Dans le premier épisode, Helen est confrontée à une situation potentiellement explosive alors qu'elle tente de marquer le système pénitenciaire de son autorité. Les femmes s'insurgent après qu'une détenue ait été victime d'un manque d'attention de l'administration pénitentiaire. Par ailleurs, il devient vite évident que si une détenue veut rendre sa vie plus facile pour elle-même en prison, celà aide de coucher avec un gardien, chose dans laquelle Shell est très habile.

Programmé en prime-time sur ITV, Bad Girls remettra Simone sous le feu des projecteurs après Young Person's Guide, qui avait moins d'intérêt. Mais l'actrice est habituée à être devant les yeux du public après avoir joué dans Thief Takers et London Bridge. Simone se souvient du moment où elle est devenue consciente d'être dévisagée dans le métro quand les voyageurs débattaient sur le fait d'être assis ou non en face d'une star de la télé. "La première fois, c'était lorsque j'ai participé à London Bridge. J'étais assise dans le métro et les gens se poussaient et me montraient du doigt. C'était un peu déroutant au premier abord, mais les gens étaient vraiment amicaux. " Alors que certains acteurs se délectent du traitement que l'on réserve aux stars, Simone a tendance à s'en détourner. "Le meilleur moyen d'éviter d'être reconnu est de se comporter comme n'importe qui", dit-elle.

Elle admet qu'elle a tendance à être autoritaire, tout comme Helen, et admire son courage et son caractère ambitieux. Mais tandis qu'Helen est à l'aise avec le fait  d'être malmenée toute la journée avec un groupe de prisonnières, Simone préfère avoir le vent dans les cheveux. Il y a deux ans, elle s'est rendue sur la côte est de l'Australie, et elle a à nouveau la bougeotte. New York sera son prochain port d'escale. "Je veux juste faire un break après Bad Girls. Je suis une femme impulsive et de nature curieuse et j'aime être dans de nouveaux endroits ... Je ne me sens pas liée à un seul lieu, je me sens liée à la population." Son sens de l'aventure doit être hérité de son grand-père qui était le fils d'un cheikh ayant signé pour la Légion étrangère. Franco-algérien, son père, Joseph, a rencontré la mère de Simone, alors qu'il était chef de cuisine au Gleneagles Hotel. Le dernier voyage à New York de Simone sera plus que des vacances. Elle espère y déménager un jour avec son petit ami américain, un acteur dont elle n'est pas disposé à révéler le nom. "Il me larguerait si je disais son nom", rigole-t-elle. Que Simone franchisse finalement le pas ou non, elle aura du mal à trouver une expérience comme Bad Girls. 

(Copyright 1999 Daily Record)