ARTICLE DU SUNDAY MIRROR
3 Février 1996
Auteur : Lucy BERRINGTON
- Traduction : HA
POUR
SIMONE LAHBIB, LA STAR DE LONDON BRIDGE, L'ART EST LE MIROIR
INCONFORTABLE DE LA VIE
Très
propre, très "années 90". Dans le premier épisode de London Bridge, une
série
télévisée dramatique de 26 épisodes, une jeune femme en escapade à
Londres et à la recherche de son indépendance, se retrouve poursuivie
par un agresseur.
Une
série sous influence ? Pas vraiment. D'abord parce que
l'histoire fut écrite, tournée
et emballée avant que les agresseurs de Madonna et de la Princesse
Royale
fassent la Une des actualités. Ensuite, parce que la jeune et
chic actrice qui joue cette jeune et chic victime a elle-même survécu à
une agression. Une
vraie. C'était l'été dernier, au petit matin dans une rue de
Londres. "Je marchais pour rejoindre la maison d'un ami et je me suis
rendue compte que quelqu'un était derrière moi", déclare
Simone
Lahbib, la femme fatale de la série.
Glamoureusement
drappée sous un confortable échaffaudage pour le photographe, elle se
démèle les cheveux et revient au sujet en continuant d'une
voix
claire adoucie par son accent écossais. "
J'ai fait l'erreur de regarder
derrière moi - j'avais espéré qu'il traverserait la rue, mais je pense
que c'est à ce moment là qu'il a décidé de me suivre. Il m'a suivi
jusqu'à la porte d'entrée, s'est agrippé à mes vêtements en disant "je
veux du sexe, je veux du sexe", et a remonté ma jupe jusqu'à ma
taille. Je
luttais et j'ai réussi à déclencher la sonnette de la porte ce qui le
fit faire demi-tour. Il est reparti en marchant et avec le sourire".
La
police est arrivée à 8h du matin, l'agresseur avait amplement eu le
temps de filer et la déclaration de Simone fut peine perdue.
Quand
Simone est arrivée pour jouer Mary O'Connor, le rôle principal de
London
Bridge, son harceleur est rapidement devenu le pain quotidien des
télespectateurs et des émissions nocturnes à ligne ouverte.
La
série est parfois décrite comme un "soap pour jeune cadre dynamique"
(si vous voulez donner une crise d'apoplexie aux producteurs) et comme
une série dramatique à petit budjet - description
retenue
par la plupart des chaînes de TV régionales. Carlton's London Bridge
commence dans 15 jours et on attend beaucoup de cette série - à juste
titre - pour qu'elle soit plus intéressante que son étiquette le laisse
annoncer ; en
dépit du fait que ses scénaristes et ses "stars" soient nouvelles à la
TV.
Simone Lahbib, 30 ans, a décroché London Bridge à son
premier casting
après être venue d'Ecosse pour Londres, l'été dernier. Elle parle si
calmement de son agression et de son impact qu'on peux
suspecter plus que quelques similitudes entre elle et
Mademoiselle O'Connor. "
Elle
est admirable", murmure Simone à propos de
son homologue à l'écran.
Simone
a joué l'histoire avec une intense émotion, se référant à sa propre
expérience, cette nuit là, devant la porte d'entrée de son ami.
"
J'ai
trois amies qui ont été violées. L'une par un parent durant son
enfance, une autre par un collègue", confie-t-elle. "
Une autre l'a été
par un colocataire. Ensuite,
alors qu'elle déménageait, elle a dû rester à l'appartement
une ou
deux nuits pensant à cet homme qui était absent. Elle a mis
l'armoire contre la porte, mais a entendu quelqu'un essayer d'ouvrir la
poignée au milieu de la nuit. Quelques mois plus
tard, à une
soirée, encore traumatisée, elle a rencontré un groupe de soutien de
femmes, et un par un, ils ont tous eu une histoire à raconter, une
agression ou un viol ou toute autre forme de violence."
Simone est consciente que, dans cette "Ere du rôdeur", la
célébrité accroît la vulnérabilité. "
J'ai entendu dire qu'Anna Friel
(Brookside)
a
eu beaucoup de problèmes avec des lettres étranges et
inquiétantes, et se sentait très peu soutenue par la compagnie
de
télévision", dit-elle en fronçant les sourcils.
Simone, qui
est
célibataire et qui partage un appartement dans le nord de Londres avec
un(e) ami(e), soigne sa vie privée.
Ni
ses difficultés, ni celles de Mary, ont mis fin au harcèlement
sexuel. L'intimidation au travail remplit un autre morceau
du journal intime de Mary O'Connor. Dans le cas de Simone, le
coupable est un manager de théâtre quand elle était dans la pantomime.
"
Il m'a harcelé dès le
premier jour. Il m'insultait et me chassait avec
les poings levés. J'étais sur le point d'appeler mon
agent et
de lui dire:" Libérez-moi de ce travail ". Le
tyran s'est
excusé mais pas avant que Simone ai consulté l'Equity
(Association
d'acteurs) et ai été avertie que le syndicat avait une
encyclopédie de plaintes contre cet homme.
"
Ici se
termine les similitudes avec Marie", dit Simone .
"
Je suis
beaucoup plus protégée qu'elle. J'ai un meilleur système de soutien et
je suis bien plus aimée. Elle est solitaire, elle a quitté sa vie
d'avant."
Simone est
l'aînée de cinq enfants, leur père français, éminent chef dont
le
nom inhabituel est le résultat d'une erreur datant du jour où son
grand-père algérien, le fils d'un cheikh, s'est inscrit à la
Légion Etrangère Française. "
Son
nom était Hahbib Maddani, et
en
remplissant ses papiers, Hahbib est devenu Lahbib, le nom sur
mon
certificat de naissance."
Simone soupçonne que le
gène du drame soit un héritage de sa mère, artiste et poète.
"
Le
poseur (personne qui prétend être ce qu'elle n'est pas
NDHA)", dit-elle en
riant,
a toujours été
en elle.
Quand
j'avais six ans, aux
courses
de l'école primaire, tout le monde était en ligne
pour « À vos
marques, prêts, partez ». Ma famille a une photo avec une
lignée
d'enfants en train de courir, et je me tiens juste
là, souriant à l'appareil photo. Je n'avais même pas démarré. "
QUI
EST QUI DANS LONDON BRIDGE (suite de l'article - non traduit -
disponible ci-après)
WHO'S WHO IN LONDON BRIDGE
Everything happens at the
Millhouse, a converted warehouse "on the Thames below London Bridge"
(the studio is actually in Bow, east London, on a lesser waterway). The
restaurant, called SE1, is the characters' "common room" - that soapy
essential in which TV neighbours, unlike real ones, congregate for
intimate,
bitchy conversation.
Above SE1 are four
mock-up
flats housing most of the nine main characters - additional neighbours
were
sacrificed so that the pitiful amounts of available dosh (pounds 40,000
per
30-minute episode; an eighth of the cost of mainstream drama) could be
spent
putting ceilings on the sets, thus preventing the walls collapsing with
every
theatrical door slam. That left those nine characters:
Nick Kemp, an Italian/
Cockney chef, spends his days cooking and his nights playing Monopoly -
with
real money.
. . . to the disapproval
of
his pregnant wife Isobel, an accountant who dreams of raising their
child in
countrified middle-classdom, beyond the reach of Snoop Doggy Dogg and
airborne
pollutants.
Nick's sensible if
sharp-tongued sister Liz manages the restaurant with the help of her
barman son
Jed, a half-caste of (initially) unknown paternity conceived in her
wild
groupie youth. Behind the SE1 scenes, Jed swots for his Knowledge test
so he
can win his cabby's licence and, with it, independence from the Kemps.
He is
obliged to break out in lots of sweats before the credits have rolled
on
episode one, as his ultra-secretive relationship with the person washed
up on
the riverbank reveals him as a classic schizo murderer - or perhaps
just your
average bashful 23-year-old.
In a flat not far away
lurks
Ravi, an Asian lawyer whose traumatic paedophile case is destroying his
libido.
It little helps that
Ravi's
girlfriend, Sam, is a right-on, if tactless, GP who relentlessly
diagnoses
impotence.
Ravi is also stuck with
Ant,
the flatmate from Loaded: cue lots of morning scenes featuring bathroom
bachelor squalor and damp cornflakes.
Then there's Tim,
Simone's
boss and former flatmate. Good-looking, good suits, money - too good to
be
true?
(Artcle original :
COPYRIGHT 1996 Sunday Mirror)