INTERVIEW AFTERELLEN.COM

5 février 2007

Auteur : Lee Ann KRIEGH - Traduction : HA

A l'occasion de la première diffusion de Badgirls aux Etats-Unis, le célèbre site lesbien a interviewé Simone.


Cela aura pris sept ans, mais l'actrice écossaise Simone Lahbib et les condamnées de Larkhall sont finalement arrivées aux Etats-Unis. Débutant cette semaine, chacune des huit saisons de la populaire série dramatique britannique, et couronnée d’Awards va débarquer sur la chaîne cablée Logo, maison mère d'AfterEllen.com. Dépassant les stéréotypes, Bad Girls offre notamment l’une des relations lesbiennes la mieux développée dans l'histoire de la télévision entre la sous-directrice Helen Stewart (Simone Lahbib) et la détenue Nikki Wade (Mandana Jones).

Au cours des trois premières saisons, Helen, fonctionnaire de prison respectueuse des règles et d’une droiture à toute épreuve, va lutter pour résoudre au mieux les problèmes de la prison tout en gérant son attraction croissante envers Nikki.

Maintenant âgée de 41 ans, Simone Lahbib tient actuellement le premier rôle dans la série britannique Wire In The Blood, basée sur des romans de Val McDermid, auteur lesbien. Elle est maman d’une petite fille qu’elle a eu avec son acteur de mari Raffaello Degruttola.

AfterEllen.com s’est récemment entretenu avec Simone Lahbib au sujet de son dernier rôle, de ses expériences pendant le tournage de Bad Girls et de l'attention des médias qui a entourée la diffusion de cette série controversée.

AfterEllen.com : Pourriez-vous me parler d'Alex Fielding, le personnage que vous jouez dans "Wire in the blood"?
Simone Lahbib : Elle est inspectrice pour le CID, qui est une branche spéciale de la police. Professionnellement compétente et dure, elle élève seule son fils de 8 ans et, comme un bon nombre de femmes, elle lutte pour jongler entre son travail et sa vie de famille. Toutes les histoires sont très noires, basées sur les romans de Val McDermid. Je ne conçois pas encore tous ces meurtres brutaux venant de l'imagination de cette femme écossaise apparemment douce ! [Rires.] Elle a parlé de faire intervenir le personnage d’Alex dans ses prochains livres s'il n'y a pas des problèmes de propriété. J'espère qu'elle le fera.
Nous sommes sur le point de commencer ce qui sera ma seconde saison, tandis que la série en sera elle à la cinquième. Chaque épisode dure 90 minutes (… )

AE : Il semble y avoir beaucoup de tension entre Alex et Tony.
SL : Je pense qu'au début Alex n'a aucune confiance en Tony et n’aime vraiment pas quand il intervient dans ses enquêtes. Il est trop spéculatif. Quand il parle, tout ce qu'elle entend est du "psycho blabla". Alex veut des faits, des preuves irréfutables pour mettre les tueurs hors d’état de nuire. Entrer dans l’esprit du tueur ne l’intéresse pas. Elle a déjà regardé et n’y a trouvé rien d’autre que de la crainte, de la fureur et de la haine. Mais au fur et à mesure, elle se rend compte à quel point Tony est doué et finit par compter sur lui.

AE : Est-ce que ce rôle ne vous atteint pas ?
SL : Si. Ce qui est effrayant, c’est la ressemblance étroite qu’il y a entre le scénario et ce qui est arrivé au Royaume Uni, et que nous avons tous vu aux informations, à propos de cinq prostituées qui ont été droguées et sauvagement assassinées dans le Suffolk. On voit comment la réalité rejoint la fiction parfois.

AE : La différence de ton entre Wire In The Blood et Bad Girls est frappante, comme l’est la différence entre Alex et Helen Stewart, votre personnage dans Bad Girls.
SL : Complètement différent. Wire In The Blood nous donne un aperçu des consciences de quelques êtres humains psychologiquement très malades et de leurs crimes terrifiants. Bad Girls est une série plus légère. Elle humanise les détenues femmes, et en nous racontant leurs histoires, elle nous fait finalement ressentir de la sympathie pour elles. Helen, à la différence d'Alex, s'inquiète infiniment de ce que ressentent les détenues. Elle s'inquiète véritablement pour elles. Ce que j'ai aimé dans Bad Girls, c’est la mise en lumière d’un tas de questions. La série a vraiment exploré les questions de femmes, leurs problèmes qu’ils soient liés à la prison ou à la vie en général. Je pense que c’était un programme vraiment important, et je suis triste qu'il ait été arrêté.

AE : Pouvez-vous nous parler des interrogations les plus intéressantes que la diffusion de Bad Girls a fait naître et augmenter chez vous ?
SL : Une des interrogations qui m’a le plus interpellée était les répercussions sur les enfants de la mise  en détention de leur mère. En Grande-Bretagne, la moitié des détenues femmes sont des mères dont les enfants ont moins de 16 ans, et un tiers a des enfants de moins de 5 ans. Quand une femme va en prison, cela dévaste la cellule familliale.

AE : Vous avez commencé le tournage de Wire In The Blood quelques mois après avoir donné naissance à votre fille. Comment cela a-t-il affecté votre façon de jouer ?
SL : J’ai dû travailler d'une manière différente. Mes priorités avaient changé. J'ai eu à m’occuper de cette magnifique mais très exigeante petite personne.  Ma maman (je l’en remercie) m’accompagnait et ainsi, la petite était très heureuse même lorsque quand je travaillais. J'ai entendu d'autres femmes dire que leurs cerveaux étaient «  de la bouillie de maïs » après avoir donné naissance à leur enfant. J'ai dû commencer à apprendre les répliques au moins trois jours à l'avance pour qu’elles s’impriment en moi, et en fait, j’ai fini par accepter un peu plus de laisser-aller. Mon travail était moins propre, ce qui, par certains côtés, me libérait. Et j'étais si fatiguée que je riais beaucoup nerveusement. [Rires.]

AE : Mandana Jones, votre partenaire dans Bad Girls, a employé le mot "méticuleux" pour décrire votre façon de travailler et a mentionné comment vous avez durement travaillé toutes les deux pour préparer vos scènes ensemble.
SL : Et bien, j'ai eu le luxe d’avoir le temps sur ce rôle! Mais ouais, la préparation est importante pour moi. Si vous pouvez vous réunir avec les autres acteurs, même pour parler rapidement des choses, je pense que cela peut faire toute la différence. Mandana et moi essayions toujours de nous réunir pour travailler nos scènes, particulièrement quand elles étaient complexes. Cela nous a aidé à être clairs dans ce que nous devions faire et nous étions conscientes de ce que les personnages voulaient, que ce soit à tel ou tel moment… ce qui se transmet non seulement par le dialogue, mais aussi par les attitudes, qui en disent d’ailleurs souvent plus que les mots.

AE : Prenez-vous des choses d'autres acteurs quand vous travaillez avec eux ?
SL : Si vous avez la chance de travailler avec quelqu'un qui est vraiment bon, cela relève le niveau de jeu. C’est très inspirant et très passionnant de travailler avec lui. La concentration monte d’un cran et cette personne semble tirer les autres acteurs vers le haut. C’est comme si elle les empêchait de jouer faux.  Mandana est incroyablement brillante et a beaucoup de coeur. Elle travaille toujours avec sincérité et j'essaye de faire la même chose. Je pense que quand quelque chose vient du coeur, alors cela peut vraiment toucher l’auditoire, tandis que si c’est juste joué intelligemment, l’auditoire va trouver ça superbe mais ne ressentira pas forcément plus de chose que ça.

AE : Pour les gens qui ne sont pas acteurs, il est difficile d’évaluer le degré de confiance nécessaire pour jouer des scènes intimes.
SL : Pour moi, si vous pouvez atteindre ce niveau de confiance quand vous travaillez, cela peut aider à l’alchimie. Peut-être qu’une partie de cette alchimie se produit quand vous laissez l’autre entrer. Mandana et moi avons travaillé ensemble très intimement pendant trois ans en explorant le rapport de Helen et de Nikki ; il y avait beaucoup de confiance entre nous.

AE : Il y a une confiance physique, évidemment, et quoi encore ?
SL : Je ne peux pas parler pour les autres acteurs parce que chacun a une manière différente de travailler et des pensées particulières au sujet de ce qui est important. Mais pour moi, pour jouer une scène intime, il est nécessaire de s’autoriser à être vulnérable, de laissez tomber son égo, de laissez tomber ses barrières, et juste de se connecter à l'autre acteur. C’est comme un commutateur que vous effleurez et, quand il est allumé, la scène s’envole.

AE : Vous m’avez dit que de tous les personnages que vous avez joués, c’est Helen Stewart que vous admiriez le plus. Pourquoi elle ?
SL : Tout d’abord pour son courage, et aussi parce qu'elle prend soin des autres. Elle était très sincère dans ce qu'elle faisait. Elle a risqué beaucoup pour construire cette relation. Elle était amoureuse, probablement pour la première fois, et malgré les obstacles, elle a trouvé le chemin. Naturellement, elle a eu du mal. Elle pouvait être vraiment ennuyante, de la façon dont elle a réagi à certaines choses. Elle pouvait être tout à fait… pas pompeuse, mais autoritaire, ce qui la rendait humaine. Elle ne se faisait pas aimer nécessairement [des rires], mais ça le faisait quand même.

AE : C'est intéressant que vous considériez le fait d’être "autoritaire" comme un défaut.
SL : Et bien, c’est la façon dont elle s’est parfois comportée dans sa relation avec Nikki. Elle utilisait sa fonction et son statut. A chaque fois qu’elle était effrayée, elle remettait les barrières. Mais, nous percevions différemment l’attitude autoritaire qu’elle avait avec d’autres personnages (Jim Fenner ou Simon Stubberfield). Avec eux, vous étiez tout à fait heureux de voir sa force. Mais pas dans son rapport avec Nikki. C'était toute la complexité d’Helen. Et Nikki essayait toujours de faire tomber ces barrières et d'arriver à la véritable personne qui se cachait derrière tout cela, ce qu’elle a réussi finalement.

AE : Et vous avez trouvé Helen courageuse, bien qu’il lui ait fallu longtemps pour savoir ce qu'elle voulait ?
SL : Ouais en effet, il lui a fallu longtemps pour en arriver là. Sa vie a été chamboulée de l’intérieur, mais finalement, c'était de l’amour, et elle a du encaisser celà. Elle a réussi a surmonté ce qui lui arrivait et à l’accepter. Elle y est arrivée. Elle a fait la bonne chose à la fin et a suivi son coeur.

AE : Les auteurs considèrent qu’Helen est lesbienne. Vous parlez d’elle en terme de bisexuelle. Pensez-vous qu’elle l’est vraiment ou est-ce libre d'interprétation ?
SL : Bad Girls était mon premier grand rôle et aussi un rôle controversé. Je ne pensais pas du tout que cela deviendrait un programme si important pour autant de personnes, ou qu’il y aurait une telle sensibilité autour de certaines questions. Et je ne m’attendais certainement pas à un tel intérêt des médias. J’espère maintenant ne pas avoir labellisé Helen de telle ou telle façon. C’est une femme qui est tombée amoureuse d'une autre femme, et j’ai perçu cela comme deux âmes qui se sont rencontrées et qui ont eu cette merveilleuse connection. Helen est tombée amoureuse de Nikki, profondément et passionnément. Je le conçois parfaitement et je suis parfaitement à l’aise avec ça. Mais quant à la politique, j'ai peur que ce soit loin de moi.

AE : Jouer le rôle d’Helen vous a–t-il permis de mieux comprendre les interrogations des gays et des lesbiennes ?
SL : En effet, bien que j'avais déjà conscience de cela avant par mes amis gays et lesbiennes. Mais, oui, j'ai appris beaucoup par ce programme. Je pense que j'ai eu de la chance de jouer un personnage luttant pour comprendre sa propre sexualité, qui se pose toutes ces questions, qui éprouve toutes ces craintes pendant presque trois ans. Naturellement, à la fin de la journée, je sais que je suis une actrice et je suis hétéro et ce ne sont pas des interrogations avec lesquelles je dois vivre. Je rentre à la maison la tête remplie de mes propres interrogations [Rires.]

AE : Vous avez dit que vous auriez aimé avoir une discussion avec Helen. Que voudriez-vous lui demander ?
SL : C'était comme ça. Je n'en ai aucune idée ; probablement au sujet de son style vestimentaire. [Rires.]

AE : Ah, Mon Dieu.
SL : Particulièrement dans la série 1. Ses cheveux et ses tailleurs. Pas vraiment un beau look. Mais il y a ce côté pervers chez moi qui l'a aimé. [Rires.] J'ai aimé cela de la première série qu'elle paraisse peu élégante, entre deux âges et assez lourde.

AE : C’est intéressant que vous mentionniez cela. Dans vos interviews consacrées à Wire In The Blood, vous riez au sujet du poids supplémentaire que vous avez pris alors que vous étiez enceinte. Je n’imagine pas une actrice américaine faire la même chose.
SL : Je pense que c’est légèrement différent ici [en Grande-Bretagne]. Je ne pense pas que nous soyons obnubilés par l'esthétique. Je me fous de parler de çà. Je suis sûre qu'il y a beaucoup de femmes qui ont eu des bébés et qui trouvent difficile de perdre le poids qu’elles ont pris. Elles ne peuvent pas aller dans une salle de gymnastique ou se priver continuellement de sommeil puisqu’elles doivent toujours trouver l'énergie pour leurs enfants. Ainsi, vous mangez et vous essayez de ne pas vous inquiéter à propos de votre ventre flasque [Rires.] Après tout, cela en vaut la peine pour avoir son enfant. Je suis sûre que pour Wire In The Blood, ils illuminent chaque ride et chaque poche que vous avez sous les yeux parce que cela accentue l’aspect graveleux du programme… et puis, comme je l’ai dit, j'aime tout à fait cela. Je pense que cela donne du réalisme au programme. Ainsi, le spectateur peut  vraiment croire qu’Alex et Helen font vraiment ce qu'elles font dans leur série respective.

AE : Pouvez-vous me dire au sujet de Bad Girls, si il y a une scène qui est restée en vous ?
SL : Il y avait une scène, au tout début - le premier épisode - où tout va mal avec les détenues et où une émeute allait se produire. Et Helen devait établir son autorité. Je pense que je ressentais exactement ce que ressentait Helen. J'étais si nerveuse parce que je devais aller devant tout le monde, prendre le contrôle et me faire une place dans le programme. Et je me rappelle la scène où Nikki est dans la maison d'Helen. Leur première nuit ensemble

AE : Que vous rappelez-vous à ce sujet ?
SL : Juste ce que ressentait les personnages parce qu'il y avait une telle intensité dans leurs émotions. Il y avait à la fois de la peur, de l’excitation et de la passion. Nikki avait pris un tel risque et la façon dont elle s’y était prise pour retrouver Helen. Elles risquaient tellement, mais leur attirance était si forte qu’elles ne pouvaient pas la combattre. C’est de tout cela dont a hérité le jeu pendant la scène (… ).

AE : Dans les meilleurs moments, la série offre un ensemble complexe d'émotions. Vous pouvez le voir dans une scène comme cela, scène qui n’est pas simplement une scène d'amour parce que Helen pense également à dénoncer Nikki.
SL : Ouais. Mon Dieu, ouais. [Rires.] Je me rappelle  lire la scène et dire, "Elle quoi ? Elle quoi ? Putain d’enfer ! Comment je vais faire ça ?" Encore un classique d'Helen ! [Rires.]

AE : Avez-vous hésité à accepter le rôle ?
SL : Pas exactement, bien que lorsque je sois allée à la première audition pour Bad Girls, je n'étais pas sûre que c’était un rôle que je voulais faire à cause des scènes. Ce que j’ai lu pour l'audition étaient pour la plupart des scènes où Helen était au travail et je ne me voyais pas en gouverneur de prison. Je n’avais jamais joué ce genre de rôle avant et j’étais sur le point de ne pas retourner à la seconde audition. Mais finalement j’y suis retournée et c'est quand le producteur Brian Park m'a parlé de l’histoire d’amour entre Helen et Nikki que j’ai commencé à mieux imaginer le personnage. J'ai trouvé ça excitant. A ce moment là, j'ai su que je voulais ce rôle.

AE : La série est devenue un coup énorme à la première saison, mais je crois que la chaîne ne voulait pas que vous reveniez vous et votre personnage dans la deuxième saison.
SL : Vrai. Ouais, j’ai reçu un appel de mon agent disant que la série allait continuer, mais qu’ils ne voulaient pas que je revienne. Je me rappelle que je conduisais alors et que je devais me calmer puis il m’a dit, " Ok, et bien, commençons à rechercher autre chose." Mais j'étais confuse parce que j’avais toujours eu de bonnes relations avec Shed Productions. J’ai appris pus tard que ce n’était pas Shed Productions mais la chaîne qui était inquiète parce que je n’avais pas la carrure assez forte pour porter la série. Aussi, ils voulaient me remplacer.

AE : Ils ont fini par vous reprendre mais dans un rôle réduit. Cela a dû vous blesser. Qu’est ce qui vous a incité à décider d’y retourner ?
SL : Et bien, il s'est avéré que Shed Productions était sincère et qu'ils voulaient que je revienne. De plus, il y avait tant de lettres de personnes qui s'étaient vraiment attachées à l'histoire. Je l’ai ressenti comme l’inauguration de quelque chose: une histoire d'amour à laquelle on donnait tant de temps et d’attention et qui a donc été explorée correctement en termes de télévision. J'ai voulu voir cela et lui donner le temps qu’il fallait. Ainsi, quand j'en ai eu l'occasion, j'ai décidé d’y retourner. C’était un personnage dont j’avais pris soin, et j'ai voulu faire bien pour elle. Mais j’ai eu beaucoup de jours off! [Rires.]

AE : Avant que nous parlions, je pensais que vous ne voudriez pas reprendre le rôle d’Helen, mais il semble que vous ne seriez pas contre.
SL : Je pense qu'un seul épisode serait intéressant, tant que ce n'est pas trop éloigné du texte ; autrement, je pense qu'il serait difficile de reprendre le rôle, et je ne voudrais pas gâcher ce que nous avons fait. Si le scénario me semblait bon, qui sait. Ne jamais dire jamais.

AE : S'il y avait un épisode unique, ce serait triste car ce serait encore une inauguration, même sept ans après.
SL : Je suppose que c’est vrai. C’est incroyable, n'est-ce pas? Sept ans après, il y a encore très peu  de films ou de séries télé qui dépeignent des rapports entre personnes de même sexe et ce de manière réaliste. C’est pourquoi je suis encore fière de Bad Girls

AE : Dans d'autres interviews, je vous ai senti mal à l’aise avec votre rôle dans Bad Girls, mais je n'ai pas cette impression aujourd’hui.
SL : Ne croyez pas tout ce que vous avez lu. J'ai aimé Bad Girls. C'était un grand moment de ma vie, et Helen est probablement le plus complexe et le plus entièrement exploré des personnages que j'ai jamais joué. Je me sens véritablement fière de la série, du personnage, de l'histoire d'amour et de la manière dont ça a été fait. Si j'avais été mal à l’aise, je n’aurais pas pu jouer Helen avec sincérité ou engagement, et je suis sûre qu’après trois ans, les audiences se seraient améliorées sur quelque chose comme ça.

AE : Laisser moi vous donner une chance de répondre à une citation qui vous est attribué. A propos de Bad Girls qui est un programme regardé par de jeunes personnes, un journal a reporté vos dires : "Cela m’a mis mal à l'aise, pas simplement à cause du lesbianisme, mais aussi à cause des drogue et de l’intimidation".
SL : Mes propos ont été mal reportés. Je ne mettrais jamais le lesbianisme dans la même catégorie que l’intimidation et les drogues. C'est simplement blessant. J'espère que cela n'a pas été pris sérieusement.

AE : Vous rappelez-vous comment c’est arrivé ?
SL : Ouais, je me souviens. C’est venu d'une conversation que j'ai eue avec un journaliste au sujet de ma décision de ne pas participer à une émission pour la jeunesse du samedi matin (Saturday morning kids' show) pour promouvoir Bad Girls. J’aime les émissions pour enfants. En fait nous avions fait la même chose dans une autre émission que j’avais appelé The Young Person's Guide to Becoming a Rock Star.  Quoi qu'il en soit, j'ai su qu'elle avait  été vue par une large tranche d'âge, et naturellement il y avait beaucoup de questions qui intéressaient les adolescents. Mais l’émission avait également été vue par de jeunes enfants (même de cinq et six ans), comme mes neveux et nièces à l’époque. Et j’étais mal à l’aise vis-à-vis d’eux par rapport à des scènes de violence. Ce que j'ai dit n'avait absolument rien à voir avec le contenu lesbien de Bad Girls.

AE : Vous avez eu votre fille il y a un peu plus d’un an. Pourriez-vous nous parler de ce que vous avez appris en étant maman ?
SL : Une chose que j'ai apprise, c’est que le cliché est vrai : il n’y a aucun manuel qui permet de devenir parent. Il y a un bon nombre de choses que j'apprécie au sujet de ma propre enfance et que j'essaie de faire passer à ma fille. Mais à la fin de la journée, je peux faire du mieux que je peux : l'aimer, la protéger autant que je peux et essayé d’être là pour elle, pour qu’elle grandisse dans la confiance et découvre qui elle est.
Je suis sûre que je vais rater des choses parfois. Je suis sûre que tous les parents le font. Mais je ne pense pas qu'il y ait des parents parfaits ou une enfance parfaite … ce qui est un soulagement de toute  manière. J'avais l'habitude de penser que l'idéal était de grandir en sécurité et affectueusement, entouré de ses deux parents biologiques, parce que c'était mon expérience. Mais certains enfants vivent avec leurs parents biologiques et leur vie est loin d’être idyllique, sécurisante et remplie d’amour. Parfois, ils ne sont même pas en sécurité ! C'est réellement un sujet que nous explorerons dans la prochaine saison de « Wire in the Blood ».  Maintenant, je réalise qu'il n'y a aucun idéal. Tant que l'enfant est aimé par celui qui les élève, c’est  sûrement ce qui importe le plus.

AE : Il semble que votre fille ait vraiment changé votre vie.
SL : Mon Dieu, ouais, moi et mon ombre. [Rires.] Fondamentalement, elle a juste tout changé pour le meilleur dans ma vie … enfin, peut-être pas pour mon corps. [Rires.] L'avoir m'a certainement incité à me développer en tant que personne, et si tout va bien elle m'aidera à apporter plus encore à mon travail. Je suis juste complètement folle d’amour pour elle. Chaque fois que je la regarde, je rayonne. J'ai toujours la chair de poule. Nous sommes devenus une famille, et mon appartement est devenu une maison. Toutes ces couleurs neutres dernier cri sont devenues des couleurs de fête, et il n'y a pas un coin qui n'ait pas quelque chose d’elle. Je n'ai pas dormi en un an, mais je pense que je suis une meilleure personne pour ça. Maintenant je sais ce qu'est l'amour sans conditions.

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