Auteur : Lucy BERRINGTON - Traduction : HA
POUR SIMONE LAHBIB, LA STAR DE LONDON BRIDGE, L'ART EST LE MIROIR INCONFORTABLE DE LA VIE
Très propre, très "années 90". Dans le premier épisode de London Bridge, une série télévisée dramatique de 26 épisodes, une jeune femme en escapade à Londres et à la recherche de son indépendance, se retrouve poursuivie par un agresseur.
Une série sous influence ? Pas vraiment. D'abord parce que l'histoire fut écrite, tournée et emballée avant que les agresseurs de Madonna et de la Princesse Royale fassent la Une des actualités. Ensuite, parce que la jeune et chic actrice qui joue cette jeune et chic victime a elle-même survécu à une agression. Une vraie. C'était l'été dernier, au petit matin dans une rue de Londres. "Je marchais pour rejoindre la maison d'un ami et je me suis rendue compte que quelqu'un était derrière moi", déclare Simone Lahbib, la femme fatale de la série.
Glamoureusement drappée sous un confortable échaffaudage pour le photographe, elle se démèle les cheveux et revient au sujet en continuant d'une voix claire adoucie par son accent écossais. "J'ai fait l'erreur de regarder derrière moi - j'avais espéré qu'il traverserait la rue, mais je pense que c'est à ce moment là qu'il a décidé de me suivre. Il m'a suivi jusqu'à la porte d'entrée, s'est agrippé à mes vêtements en disant "je veux du sexe, je veux du sexe", et a remonté ma jupe jusqu'à ma taille. Je luttais et j'ai réussi à déclencher la sonnette de la porte ce qui le fit faire demi-tour. Il est reparti en marchant et avec le sourire". La police est arrivée à 8h du matin, l'agresseur avait amplement eu le temps de filer et la déclaration de Simone fut peine perdue.
Quand Simone est arrivée pour jouer Mary O'Connor, le rôle principal de London Bridge, son harceleur est rapidement devenu le pain quotidien des télespectateurs et des émissions nocturnes à ligne ouverte.
La série est parfois décrite comme un "soap pour jeune cadre dynamique" (si vous voulez donner une crise d'apoplexie aux producteurs) et comme une série dramatique à petit budjet - description retenue par la plupart des chaînes de TV régionales. Carlton's London Bridge commence dans 15 jours et on attend beaucoup de cette série - à juste titre - pour qu'elle soit plus intéressante que son étiquette le laisse annoncer ; en dépit du fait que ses scénaristes et ses "stars" soient nouvelles à la TV.
Simone Lahbib, 30 ans, a décroché London Bridge à son premier casting après être venue d'Ecosse pour Londres, l'été dernier. Elle parle si calmement de son agression et de son impact qu'on peux suspecter plus que quelques similitudes entre elle et Mademoiselle O'Connor. "Elle est admirable", murmure Simone à propos de son homologue à l'écran.
Simone a joué l'histoire avec une intense émotion, se référant à sa propre expérience, cette nuit là, devant la porte d'entrée de son ami.
"J'ai trois amies qui ont été violées. L'une par un parent durant son enfance, une autre par un collègue", confie-t-elle. "Une autre l'a été par un colocataire. Ensuite, alors qu'elle déménageait, elle a dû rester à l'appartement une ou deux nuits pensant à cet homme qui était absent. Elle a mis l'armoire contre la porte, mais a entendu quelqu'un essayer d'ouvrir la poignée au milieu de la nuit. Quelques mois plus tard, à une soirée, encore traumatisée, elle a rencontré un groupe de soutien de femmes, et un par un, ils ont tous eu une histoire à raconter, une agression ou un viol ou toute autre forme de violence."
Simone est consciente que, dans cette "Ere du rôdeur", la célébrité accroît la vulnérabilité. "J'ai entendu dire qu'Anna Friel (Brookside) a eu beaucoup de problèmes avec des lettres étranges et inquiétantes, et se sentait très peu soutenue par la compagnie de télévision", dit-elle en fronçant les sourcils. Simone, qui est célibataire et qui partage un appartement dans le nord de Londres avec un(e) ami(e), soigne sa vie privée.
Ni ses difficultés, ni celles de Mary, ont mis fin au harcèlement sexuel. L'intimidation au travail remplit un autre morceau du journal intime de Mary O'Connor. Dans le cas de Simone, le coupable est un manager de théâtre quand elle était dans la pantomime. "Il m'a harcelé dès le premier jour. Il m'insultait et me chassait avec les poings levés. J'étais sur le point d'appeler mon agent et de lui dire:" Libérez-moi de ce travail ". Le tyran s'est excusé mais pas avant que Simone ai consulté l'Equity (Association d'acteurs) et ai été avertie que le syndicat avait une encyclopédie de plaintes contre cet homme.
"Ici se termine les similitudes avec Marie", dit Simone . "Je suis beaucoup plus protégée qu'elle. J'ai un meilleur système de soutien et je suis bien plus aimée. Elle est solitaire, elle a quitté sa vie d'avant."
Simone est l'aînée de cinq enfants, leur père français, éminent chef dont le nom inhabituel est le résultat d'une erreur datant du jour où son grand-père algérien, le fils d'un cheikh, s'est inscrit à la Légion Etrangère Française. "Son nom était Hahbib Maddani, et en remplissant ses papiers, Hahbib est devenu Lahbib, le nom sur mon certificat de naissance."
Simone soupçonne que le gène du drame soit un héritage de sa mère, artiste et poète. "Le poseur (personne qui prétend être ce qu'elle n'est pas NDHA)", dit-elle en riant, a toujours été en elle. Quand j'avais six ans, aux courses de l'école primaire, tout le monde était en ligne pour « À vos marques, prêts, partez ». Ma famille a une photo avec une lignée d'enfants en train de courir, et je me tiens juste là, souriant à l'appareil photo. Je n'avais même pas démarré. "
QUI EST QUI DANS LONDON BRIDGE (suite de l'article - non traduit - disponible ci-après)
WHO'S WHO IN LONDON BRIDGE
Everything happens at the Millhouse, a converted warehouse "on the Thames below London Bridge" (the studio is actually in Bow, east London, on a lesser waterway). The restaurant, called SE1, is the characters' "common room" - that soapy essential in which TV neighbours, unlike real ones, congregate for intimate, bitchy conversation.
Above SE1 are four mock-up flats housing most of the nine main characters - additional neighbours were sacrificed so that the pitiful amounts of available dosh (pounds 40,000 per 30-minute episode; an eighth of the cost of mainstream drama) could be spent putting ceilings on the sets, thus preventing the walls collapsing with every theatrical door slam. That left those nine characters:
Nick Kemp, an Italian/ Cockney chef, spends his days cooking and his nights playing Monopoly - with real money.
. . . to the disapproval of his pregnant wife Isobel, an accountant who dreams of raising their child in countrified middle-classdom, beyond the reach of Snoop Doggy Dogg and airborne pollutants.
Nick's sensible if sharp-tongued sister Liz manages the restaurant with the help of her barman son Jed, a half-caste of (initially) unknown paternity conceived in her wild groupie youth. Behind the SE1 scenes, Jed swots for his Knowledge test so he can win his cabby's licence and, with it, independence from the Kemps. He is obliged to break out in lots of sweats before the credits have rolled on episode one, as his ultra-secretive relationship with the person washed up on the riverbank reveals him as a classic schizo murderer - or perhaps just your average bashful 23-year-old.
In a flat not far away lurks Ravi, an Asian lawyer whose traumatic paedophile case is destroying his libido.
It little helps that Ravi's girlfriend, Sam, is a right-on, if tactless, GP who relentlessly diagnoses impotence.
Ravi is also stuck with Ant, the flatmate from Loaded: cue lots of morning scenes featuring bathroom bachelor squalor and damp cornflakes.
Then there's Tim, Simone's boss and former flatmate. Good-looking, good suits, money - too good to be true?
(Artcle original : COPYRIGHT 1996 Sunday Mirror)
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